La jeunesse au cœur de la transformation nationale
SIMANDOU 2040 représente bien plus qu’un projet minier d’envergure. Pour la Guinée, c’est une épreuve de vérité : sa capacité à transformer une richesse naturelle en développement durable dépendra essentiellement de l’utilisation intelligente de sa jeunesse, qui constitue à la fois sa plus grande force et son plus grand défi.
1. La jeunesse guinéenne : un capital stratégique sous-exploité
Avec une population majoritairement jeune, la Guinée dispose d’un avantage démographique rare. Mais sans orientation claire, ce potentiel peut se transformer en vulnérabilité (chômage, précarité, migration). SIMANDOU 2040 doit donc être pensé comme un projet de mobilisation de la jeunesse, et non seulement comme un chantier industriel.
L’enjeu n’est pas uniquement de créer des emplois temporaires, mais de former une génération capable de produire, d’innover et d’entreprendre au-delà du cycle minier.
2. Aligner formation, compétences et besoins réels du projet
La première priorité est l’alignement formation–emploi. SIMANDOU 2040 génère et générera des besoins massifs en compétences : métiers techniques, logistique, maintenance, BTP, numérique, environnement, gestion de projets, sécurité industrielle, agro-industrie.
L’État doit orienter le système éducatif et la formation professionnelle vers ces besoins concrets, avec des parcours courts, certifiants et professionnalisants, accessibles aux jeunes de toutes les régions.
Former des jeunes pour des métiers inexistants est un luxe que la Guinée ne peut plus se permettre ; SIMANDOU offre au contraire une boussole claire.
3. Faire de la jeunesse un moteur de l’entrepreneuriat local
La jeunesse ne doit pas être perçue uniquement comme une main-d’œuvre, mais comme un vivier d’entrepreneurs. Autour de SIMANDOU 2040 se créeront des milliers d’opportunités indirectes : sous-traitance, services, restauration, transport, maintenance, solutions numériques, transformation agricole.
Le rôle de l’État est de :
- faciliter l’accès des jeunes entrepreneurs aux marchés liés à SIMANDOU,
- soutenir la création de PME et de start-up locales,
- encourager les coopératives et consortiums de jeunes, capables de répondre à des marchés structurés.
Une jeunesse entrepreneure est le meilleur rempart contre la dépendance à la rente minière.
4. Encadrer la transition emploi–post-projet
L’un des risques majeurs des grands projets est la démobilisation massive de jeunes une fois la phase de construction achevée. SIMANDOU 2040 doit anticiper cette réalité.
Cela implique de préparer les jeunes à des compétences transférables : gestion, maintenance, métiers industriels polyvalents, numérique, agriculture moderne.
L’État doit penser SIMANDOU comme une école grandeur nature, dont les compétences acquises irriguent durablement l’économie nationale.
5. Impliquer la jeunesse dans la gouvernance et la vision
Enfin, la jeunesse doit être associée à la réflexion et à la gouvernance. Sans sentiment d’inclusion, aucun projet national ne peut réussir durablement. Consultations, forums régionaux, programmes d’engagement civique et entrepreneurial doivent permettre aux jeunes de se projeter dans SIMANDOU 2040 comme leur projet, et non comme celui d’une élite.
SIMANDOU 2040 sera une réussite si la jeunesse guinéenne en devient l’acteur principal, et non la variable d’ajustement.
Former, employer, responsabiliser et libérer l’esprit d’initiative des jeunes est la condition essentielle pour transformer la richesse minière en émergence économique réelle et durable.
L’épreuve de vérité de SIMANDOU 2040 se jouera moins dans le sous-sol que dans la capacité de la Guinée à faire confiance et à investir dans sa jeunesse.

BAH Alpha Oumar
DG EBooster Nova
Incubateur & Accélérateur

